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1984
Naissance, France.
2004
Baccalauréat Scientifique, France.
2009
Diplôme d’architecture, Institut supérieur d’Architecture Saint-Luc, Tournai, Belgique.

BIOGRAPHIE

Quentin Carnaille est né à Roubaix en 1984. Après avoir étudié l’architecture (diplômé en 2009 de l’Institut Supérieur d’Architecture de Tournai), il réalise ses premières pièces dans lesquelles il intègre de vieux mécanismes horlogers. Détournés de leur vocation première, ceux-ci deviennent les ornements de bijoux ou d’accessoires qui, par-delà leur aspect décoratif, posent déjà la question du temps et de la relativité de son passage, thème récurrent dans l’œuvre de l’artiste.

À cette première phase de recherche succède une période d’intense créativité au cours de laquelle Carnaille diversifie son usage des mécanismes horlogers. Libérés de leur agencement mécanique, reliés entre eux par des aimants, ils se présentent désormais au regard comme de véritables sculptures. C’est ainsi que naît la série « Horlogerie », dans laquelle l’artiste exprime un rythme intime et donne à ses interrogations une portée universelle en se tournant vers le futur. Composée de créations originales et d’hommages à certaines œuvres iconiques, « Horlogerie » installe Quentin Carnaille dans le paysage artistique. 2013 : expositions à Lille et Genève ; 2014 : Belgique ; 2015 : Luxembourg et Allemagne ; 2016 : Taïwan, Koweït, Chine, Émirats arabes unis…

Son travail connaît alors un nouveau virage. À côté de ses expérimentations sculpturales qui continuent de se diversifier (Ainsi « Apparition » dans laquelle il emprisonne les pièces de montre dans la glace), Quentin Carnaille s’ouvre à de nouvelles formes d’expression au travers d’installations et de happenings. Suite logique, prolongement : ceux-ci rapprochent le travail de Carnaille d’un minimalisme conceptuel pleinement exprimé dans « Introspection ». Première œuvre dépourvue de rouages d’horlogerie, « Introspection » associe une esthétique résolument épurée aux pensées métaphysiques de l‘artiste et invite le spectateur à un retour sur soi, en même temps qu’elle encourage une méditation sur l’humain et ses origines.

Poursuivant sur cette lancée, « Identité » voit le jour en 2017. Cette fois-ci Carnaille sort de son atelier pour « descendre » dans la rue où ses cubes facettés de miroirs vont recouvrir pendant trois semaines les visages des sculptures figuratives de la ville de Lille. Démonstration de force, « Identité » opère une transformation des sculptures commémoratives en sculptures contemporaines, réveillant ainsi l’intérêt du public pour celles-ci. Réflexion sur l’altérité, faisant appel à des modes de perception élémentaires, « Identité » provoque un choc esthétique et mental et constitue un moment fort de la production de Carnaille, faisant de lui l’héritier d’une série d’artistes ayant eu, pour reprendre les mots de Malraux, le désir de « mettre l’art à portée de tous ».

Ainsi se poursuit la recherche de Quentin Carnaille, quelque part entre prouesse technique et volonté de mettre l’art au service d’une source primordiale, celle du temps et des hommes ; ou comment permettre aux seconds de regarder le premier non plus comme l’ennemi implacable, mais plutôt comme le possible dont ils sont une autre expression.

EXPOSITIONS

Miami / Gstaad / Genève / Milan / Crans-Montana / Bâle / Dubaï / Koweït / Rotterdam / Amsterdam / Hong-Kong / Taipei / Beijing / Dalian / Bruxelles / Liège/ Knook / Cannes / Paris / Zurich / Munich

Portrait MuseumTV

ÉQUILIBRE

Prix de vente publique : 82 000 euros TTC
Nombre d’éditions : pièces uniques
Dimensions : cube déployé de un mètre
Matériaux inaltérables : acier thermolaqué, verre

Installation pour OPERA GALLERY Paris

Installation pour la Ville de la Madeleine

Installation pour VINCI Immobilier dans le cadre du programme national un immeuble une oeuvre

Équilibre s’inscrit dans la continuité d’un processus artistique et philosophique ayant fait l’objet d’une performance (ANONYMAT), d’une installation urbaine (IDENTITÉ) et d’une installation intérieure (INTROSPECTION).

TEXTE

Telle une fleur épanouie, Équilibre s’ouvre à son environnement. Le cube, affranchi de sa forme contrainte, expose ses surfaces intérieures. L’artiste utilise le cube comme représentation de l’esprit contemporain. Il nous présente ici une âme en dialogue généreux et confiant avec son milieu. Les surfaces miroitées interagissent en temps réel avec la vie qui l’entoure. Cette oeuvre est une ode à l’harmonie de l’homme et de la nature. Une construction de verre et d’acier à l’orthogonalité rigoureuse qui, par le jeu de reflets, se fond pourtant à son écrin naturel.

ANONYMAT

Performance urbaine, Lille 2017

TEXTE

Anonymat est une performance réalisée en 2017 à Lille. Un personnage sans identité, sans expression, porte un cube couvrant son visage évoquant un esprit contraint, dont la pensée est codifiée. Le miroir, lui, renvoie à la construction de cette pensée en écho à son environnement. Représentant une normalisation croissante de l’individu contemporain, ce travail évoque la difficulté d’exprimer sa singularité dans un contexte qui tend à l’uniformisation. Cette performance questionne l’importance de la diversité de culture, de pensée et la nécessité de différenciation pour l’individu.

IDENTITÉ

Installation urbaine, Lille 2019

TEXTE

Identité est un projet d’installation urbaine prolongeant la réflexion initiée par Introspection en 2015. Cette réalisation éphémère se compose de cubes facettés de miroirs déposés sur les sculptures figuratives de la ville de Lille afin d’en couvrir les visages. Interpellant le regard des passants, elle opère une transformation des sculptures commémoratives en sculptures contemporaines. Cette proposition invite le public à se questionner sur l’altérité, où le miroir opère comme évocation de la construction intellectuelle liée à l’environnement et à l’autre. Rassemblant un public diversifié, l’installation-happening est l’occasion pour le public de redécouvrir ces œuvres urbaines, ce patrimoine commun que l’on finit par oublier tant il fait partie du paysage.

En investissant la rue, cette installation s’adresse à un large public diversifié et nous offre plusieurs lectures possibles. Tout d’abord, elle force la réserve naturelle en faisant directement appel aux sens de chacun ; elle court-circuite toute compréhension intellectuelle et convoque des modes de perception élémentaires ; enfin, l’installation nous propose une dialectique du soi et de l’autre : se penser « soi-même » c’est accepter que l’autre est constitutif de notre propre identité. Ces cubes de miroirs contrastent avec les corps de bronze aux courbes académiques et provoque un choc à la fois esthétique et mental.

Comme au début du 20e siècle, cette image forte créée par une forme géométrique simple symbolise une rupture avec l’art figuratif et la représentation des objets au profit de l’expression de la vie intérieure, des croyances spirituelles et philosophiques. Le miroir évoque la construction de l’identité caractérisée par la perception de son corps et le principe d’altérité. Ce jeu de reflets entre humains est nécessaire, ce mouvement entre identification et distinction nous permettant d’acquérir le sentiment d’identité. Par là, Identité nous interroge sur l’intelligence intuitive qui nous connecte à l’autre, cette faculté présente en chacun de nous qui fait l’analogie entre les phénomènes psychiques et le phénomène physique de l’intrication quantique. Le psychisme d’un être humain, lequel comprend sa conscience et son inconscient, n’est pas un système isolé. La corrélation qui existe entre individus est similaire à celle qui existe entre deux particules intriquées. L’homme est à la fois singulier par sa conscience individuelle et partie d’un tout, formant ainsi une conscience collective.

Le jeu de distance existant entre sculptures et spectateurs nous questionne également sur la célébrité et l’anonymat. Depuis l’Antiquité, les sculptures encouragent l’adulation des hommes détenteurs du pouvoir afin d’asseoir leur souveraineté de manière durable. Le culte de la personnalité a pour but de mettre en évidence les valeurs et les qualités du chef. La statuaire du XIXe siècle se consacrait essentiellement à la représentation du corps humain. Les mutations de la seconde moitié du XXème siècle entraînent la dissolution des catégories artistiques classiques, et nombre d’artistes expérimentent une nouvelle relation à l’art qui sort le spectateur de sa contemplation passive.

Le corps y est engagé activement à travers la création d’installations, performances, ou de sculptures-architecture. Nombre de monuments de l’après-guerre s’emparent de ces nouvelles formes de langage et posent la question du corps, non plus en relation avec une idée de représentation, mais à travers les problèmes de perception, d’expérience sensible et mentale. À mi-chemin entre la sculpture héroïque du 19ème siècle et la sculpture contemporaine qui rompt avec les codes esthétiques, Identité nous invite à réfléchir sur la perfectibilité humaine et résonne pour nous indiquer comment poursuivre notre chemin personnel. Derrière tout être humain se profile une figure héroïque, à condition toutefois que celui-ci ait le courage de développer ce qu’il y a de meilleur en lui-même. Identité n’est pas sans rappeler les empaquetages de Christo et Jeanne Claude, notamment celui du monument au roi d’Italie Vittorio Emanuele II, réalisé en 1970 à Milan, sur la Piazza del Duomo.

En cachant une partie des sculptures, Identité les replace au centre de l’attention. Ce projet est aussi une réflexion sur la fonction de l’art public, cet art de vivre la ville qui tend vers une démocratisation culturelle. La métropole lilloise, déjà enrichie par des œuvres contemporaines intégrées à son environnement, comme les tulipes de Shangri-La de Yayoi Kusama sur la place d’Euralille, le « Discobolos » de Wim Delvoye dans le quartier l’Hommelet de Roubaix ou « La demoiselle de Fives » de Kenny Hunter sur la nouvelle place de cette commune, affirme sa volonté d’embellissement des lieux et de soutien à la création contemporaine, et se contre une logique purement économique du marché de l’art. C’est aussi dans ce contexte que vient s’inscrire Identité, appliquant l’idée de Malraux de mettre « l’art à la portée de tous ».

INTROSPECTION

Installation Art Up, Lille 2015

TEXTE

Introspection reprend les notions fondatrices de la production de Quentin Carnaille, tout en assumant un tournant plus conceptuel. L’artiste propose une installation fonctionnant comme un système basé sur le dialogue entre les différentes parties qui le composent.

Quatre colonnes identiques sont surmontées de cubes en lévitation. Comme dans ses projets précédents, Quentin Carnaille a recours aux aimants dont les forces maintiennent le poids de ces volumes à quelques centimètres au-dessus des colonnes. Celles-ci, par leur juxtaposition et leur stricte ressemblance, soulignent l’idée d’uniformité. Chacune d’entre elles développe pourtant un dialogue privilégié avec une composition tridimensionnelle unique accrochée au mur. Pour l’artiste, le tableau est la représentation mentale de la colonne à laquelle il est associé. Autrement dit, il symbolise son individualité ou encore sa singularité. L’effet de masse et de répétition suggéré au spectateur lors de la première lecture de l’oeuvre s’affine ainsi peu à peu lorsqu’il cherche à comprendre la présence des compositions murales.

À travers cette installation, Quentin Carnaille cherche à illustrer le paradoxe de la nature humaine : un tout universel constitué de singularités. Introspection évoque la conscience, l’expression de la pensée profonde et l’existence de l’âme. Dissocié du corps, l’esprit est projeté dans un univers unique et abyssal. Comme des symboles de l’humain, conçues à son échelle, les colonnes encouragent le visiteur curieux à circuler au sein de l’installation, pour finalement y prendre place. Cette invitation à l’implication physique du spectateur s’accompagne aussi de l’incitation à une participation mentale.

Depuis ses débuts, tout le travail de l’artiste a d’ailleurs été orienté en ce sens, provoquant l’interrogation et la réflexion du spectateur. Introspection propose ainsi un retour sur soi en même temps qu’elle encourage une méditation plus globale sur l’humain et ses origines.

Déjà connu pour ses créations et sculptures réalisées à partir de fragments de montres, il développe de 2010 à 2015 différents projets sculpturaux qui en appellent tour à tour à l’abstraction et à la figuration. Les mécanismes d’horlogerie y sont assemblés selon une logique de l’accumulation qui n’est pas sans rappeler le Nouveau Réalisme.

Si de loin les œuvres paraissent au spectateur être des objets unitaires, il s’aperçoit en s’approchant que chacun d’entre eux est composé d’une multitude de rouages provenant de montres anciennes. Le travail de Quentin Carnaille propose ainsi une démonstration sur le fragmentaire qui forme un tout, à l’instar du fonctionnement de la montre où tous les rouages tournent les uns avec les autres. Il illustre d’ailleurs ce principe en le comparant à l’organisation de la nature et de l’univers.

Articulant son travail à partir de la notion de temps, Quentin Carnaille s’intéresse aussi depuis peu à l’inscription de l’oeuvre dans l’espace. Si certaines des sculptures réalisées ces dernières années lévitent grâce aux expérimentations magnétiques, d’autres comme Attraction (2015) développent un rapport plus étroit à la spatialité et à son appréhension par le spectateur.

Attraction marquait un renouvellement de la pratique de l’artiste, mais le point de rupture est aujourd’hui pleinement assumé avec Introspection. La mutation est visiblement démontrée puisqu’il s’agit de la première pièce de Quentin Carnaille à être totalement dépourvue de rouages d’horlogerie. L’installation associe une esthétique résolument épurée aux pensées métaphysiques de l‘artiste. Quasiment projetée dans un univers de science-fiction, Introspection évoque le caractère remplaçable de l’humain dans certains romans d’anticipation. Présentant ses colonnes comme des surfaces unitaires laquées de noir, Quentin Carnaille se rapproche davantage d’une forme de minimalisme conceptuel où le vide, omniprésent, tend à créer une quatrième dimension.

OUROBOROS

Prix de vente publique : 78 000 euros TTC
Nombre d’édition : 4
Dimensions : taille réelle de l’animal
Matériaux : or 22 carats / Pièces d’Horlogerie

Oeuvre audiovisuelle du même nom OUROBOROS
(vendu en NFT sur opensea)

TEXTE

Hérité de l’Égypte ancienne, le symbole de l’Ouroboros, littéralement « qui se mord la queue », est d’approche complexe : représentation de l’éternel retour par la symbolique du cercle, il trace aussi la forme d’un destin replié sur lui-même dans lequel celui qui agit s’enferme dans son propre cycle, et in fine se nuit à lui-même.
Questionnant l’évolution humaine et les impacts de celle-ci sur l’environnement, c’est à cette deuxième interprétation que l’œuvre donne corps. En effet, le singe tel qu’il est ici représenté : un squelette couvert d’une feuille d’or dont la main est composée de pièces d’horlogerie, symbolise non seulement l’origine de l’homme, mais aussi sa destination. Car s’il est vrai que l’homme descend du singe, c’est ce même homme, dont l’énergie est principalement focalisée sur l’action économique, qui met aujourd’hui en danger la survie de son ancêtre et, plus loin, sa propre survie en tant qu’espèce.
Parce qu’elle connaît désormais l’impact de ses actions sur son habitat naturel, parce que les valeurs sur lesquelles elle s’est construite ont vocation à être changée, et enfin parce que le temps, en dépit de tous les outils dont elle dispose pour le compter, échappe à son contrôle, notre espèce se trouve aujourd’hui à un carrefour. En ce sens, s’abîmer dans l’observation d’Ouroboros c’est être mis face à l’importance de notre avenir et nous rappelle à notre devoir de bâtisseurs.

VESTIGES

Prix de vente publique : entre 25 000 et 50 000 euros TTC
Nombre d’édition par espèce : entre 1 et 4
Dimensions : taille réelle de l’animal
Matériaux : résine d’uréthane, résine époxy, aimants, mécanismes horlogers

TEXTE

Vestiges est composée d’une série de sculptures représentant des crânes d’animaux emblématiques recouverts de pièces d’horlogerie. À travers ces œuvres, Quentin Carnaille entend illustrer le concept d’anthropocène, ou ère de l’homme, développé par Paul Joseph Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, et le biologiste Eugène Stoermer.

Selon eux, une nouvelle époque géologique s’est ouverte avec la révolution industrielle, date à laquelle l’être humain est devenu la contrainte géologique dominante. En d’autres termes, l’activité déployée par les hommes depuis la deuxième moitié du dix-neuvième siècle a bouleversé l’écosystème, modifiant radicalement les conditions de la vie sur terre.

En associant ces crânes d’animaux dont la survie est directement menacée par les hommes, au symbole d’ingéniosité humaine que sont les pièces d’horlogerie, Vestiges ouvre donc la voie d’une interrogation sur le paradoxe du progrès, ou comment l’être humain, à mesure qu’il en prend possession, ne cesse de mettre en péril son environnement. Les sculptures se présentent ainsi comme autant d’états des lieux : disparaissant physiquement sous l’œuvre de l’intelligence humaine, ces crânes font désormais figures de vestiges.