Né en 1984 à Roubaix, Quentin Carnaille s’est rapidement imposé comme une force sur la scène artistique du nord de la France. Ancien étudiant en architecture, Carnaille a toujours été fasciné par le fonctionnement des objets. Ses premières œuvres ont été influencées par les mécanismes d'horlogerie, qu'il a détournés de leur utilisation première pour créer des bijoux et des accessoires, avant de s’orienter vers la réalisation de sculptures et d'œuvres plus grandes avec la même esthétique et la même inspiration.

Dès le début, la contemporanéité et les idées futuristes ont inspiré le travail de Carnaille qui, pour mieux s’en approcher, s’est appuyé sur sa focalisation initiale sur le passé et les origines de l'homme.

Il y a une dimension métaphysique à sa recherche, ainsi qu'une véritable réflexion sur l'histoire de l'art. En effet, l'artiste réinterprète certains classiques de l'art occidental en leur offrant une nouvelle perspective. Ainsi de ses sculptures anthropomorphes qui font référence à l’œuvre de Giacometti, mais sont aussi la quintessence du travail de Quentin Carnaille. A cet égard, certaines de ses œuvres sont pénétrées de concepts post-modernes, tels le ready-made et les objets trouvés.

Dans "Garde-Temps", une montre ne dit pas l'heure : ici, Carnaille transforme un objet manufacturé à fonction spécifique, en une œuvre d'art chargée d’un message poétique sur le temps et sa relativité. Dévoilée en 2015, "Apparition" constitue une évolution dans l'œuvre de l'artiste. Les pièces de la montre n’y sont plus maintenues ensemble par des aimants, mais emprisonnées dans la glace. La transformation de la matière, de l'eau en glace, est une autre allégorie du temps.

"Apparition", qui symbolise le caractère éphémère de l’œuvre d'art, est avant tout une démonstration radicale de la place qu’occupe la destruction de l'objet dans l'œuvre de l'artiste. Cette sculpture préfigurait un changement important dans la création de Carnaille : désormais orientée vers une forme de minimalisme conceptuel, elle est pleinement illustrée dans "Introspection".