CONNEXION

Au travers de l’installation Connexion, Quentin Carnaille questionne la notion de frontière ainsi que son corollaire, le rapport à l’autre. Ou comment la séparation influe sur la notion d’altérité par l’influence qu’elle exerce sur les termes des échanges entre les êtres.

Le dispositif de Connexion – un pont visuel constitué de miroirs inclinés - permet de connecter visuellement deux personnes que sépare une frontière physique. Face à face, mais de part et d’autre de la structure clivante, les deux individus peuvent se voir, s’entendre, mais ne possèdent aucun moyen d’entrer physiquement en contact. Ainsi l’illusion du « vivre ensemble » est complète, à ce détail près qu’ils ne peuvent pas se toucher.

Trente ans après la tentative d’unification qu’a représentée la chute du Mur de Berlin, notre époque s’est de nouveau tournée vers les discours et les pratiques séparatrices, comme en attestent la barrière construite le long de la ligne verte en Cisjordanie, ou encore le mur en passe d’être érigé à la frontière américano-mexicaine. C’est à cette résurgence de nouvelles frontières que Connexion fait référence, proposant un moyen de les « dépasser ».

Mais l’installation se veut aussi - et surtout - prolongement et commentaire d’un fait social flagrant : la dématérialisation croissante des rapports humains, conséquence du développement fulgurant de nouveaux moyens de communication rendant possible, comme les miroirs de Connexion, une parfaite illusion du « vivre ensemble ». Ainsi, l’installation se pose et nous pose une question cruciale : frère, voisin ou étranger, qui est cet autre dont je dépends ? Et comment agir, à l’heure où nos rapports sont subitement bouleversés?

CONNEXION
8 x 4 x 2m
Bois, miroirs